Santé

La perplexité s’attrape comme la grippe

J’entends, régulièrement, les medias parler des salles d’urgences en termes rébarbatifs. On nous les présente comme des lieux où les infections se multiplient. On nous annonce 12, voire 24 heures de temps d’attente. On en proscrit certaines, supposées déborder en pleine épidémie de grippe saisonnière. On déplore le manque de coordination, de personnel, voire même de compétence dans les urgences des hôpitaux.

‎Je suis allée aux urgences ce mois-ci. Deux fois. Avec un bébé fiévreux. Non seulement je n’ai pas attendu, mais tout le monde a été sympa. S’il est vrai que j’ai dû répéter au moins dix fois la raison de ma visite, j’ai eu droit à chaque fois à la même qualité d’écoute. La deuxième fois, j’ai été acheminée rapidement vers le service pédiatrique. À l’étage, on nous a octroyé une chambre avec deux lits : une antiquité métallique et un lit flambant neuf, offert, indiquait une petite pancarte, par la fondation du Canadien pour les enfants. L’ensemble faisait pitié. Le contraste était choquant. Le lit métallique aurait paru moins obsolète sans la généreuse donation du Canadien. C’était l’image même d’un système de santé qui, d’une part, doit composer avec des moyens de plus en plus maigres, mais qui, de l’autre côté, peut compter sur la charité de fondations privées pour palier à certains manques. Sauf que le coup d’œil, loin de produire  l’impression que les choses marchent mieux comme ça, trahit le manque d’unité dans la vision.

Outre les médias qui critiquent de plus en plus les institutions publiques et nous les présentent comme des épaves, il y a une autre tendance qui m’énerve : la présence bien visible de fondations privées et de corporations entre les murs des hôpitaux. Comme si on nous disait : « Hey, le contribuable, tu penses que c’est avec tes taxes qu’on pourrait se payer ça ? Eh non, c’est BMO qui a payé pour ton lit ! Penses-y ! » C’est le reflet de cette droite déprimante qui n’arrête pas de réclamer l’intervention du privé pour secourir notre pauvre système de santé. Cette droite qui parle sans cesse d’alléger la structure de l’état et de déléguer aux entreprises la gestion de nos institutions. Cette droite qui dit moins fort qu’elle a déjà une liste d’amis bien intentionnés qui ne demandent qu’à récolter ces précieux contrats. Cette droite qui entretient le pessimisme et dépeint le gagne-petit comme un faible. Cette droite qui veut ériger le riche en roi et maître de la société de demain.

Même si mes impôts doivent augmenter, même si je dois rédiger des tonnes de paperasse pour trouver un médecin de famille, même si le lit d’hôpital sur lequel je finirai mes jours doit être vieillot et étriqué, je préfère confier ma santé à des bureaucrates qu’à des hommes d’affaires préoccupés uniquement par le profit. Je ne crois pas ceux qui prétendent que le jour ou plus de patients pourront être acheminés vers des cliniques privées, il y aura une meilleure gestion des services publics fournis aux moins biens nantis. Je pense plutôt que ce sera le début de l’hémorragie des professionnels vers le privé, et l’instauration d’un système à deux vitesses où les pauvres attendent des soins quand les riches passent devant.

Aux médias qui se plaisent à répandre la perplexité à coup de constat accablant sur les urgences, j’aimerais rappeler que nous sommes tous au courant que la grippe saisonnière frappe à chaque année, que la gastro nous guette et que les accidents de la route sont nombreux. Devons-nous pour autant jeter la pierre au service qui a le mérite de gérer ces petites catastrophes ? Au contraire, je crois que nous devrions accepter que la souffrance est un passage obligé, nous compter chanceux d’avoir un système équipé pour le rendre moins pénible et nous immuniser contre la perplexité des médias et de la droite.

Publicités
Santé

L’hiver est out

Hiberner : Passer l’hiver dans un état d’engourdissement. (Le Petit Robert)

Il y a un cumul de facteurs qui m’ont induite à détester l’hiver et à devenir ce que je suis, une petite bête grelottante qui s’enterre début décembre pour ne ressortir vraiment qu’en avril. D’abord, cette jambe cassée en ski alpin le 24 décembre 1988. Cet hiver-là demeure une exception dans mon enfance, puisque par la suite je me suis remise à pratiquer le ski de fond, la raquette, le patin et le traîneau jusqu’au milieu de l’adolescence. De toute façon, au Saguenay, l’hiver est si long et la nature si belle que se priver de sport d’hiver revient à ne rien faire du tout. C’est quand je suis venue vivre à Montréal, début 1995, que les choses se sont corsées. À part quelques excursions hivernales dans les Laurentides, j’ai cessé de pratiquer les sports d’hiver. Par contre, entre seize et trente ans, ma vie sociale exigeant d’innombrables heures à marcher dans les rues enneigées de Montréal, je n’ai pu me soustraire à ma condition d’animal hivernal.

Mais voilà, il y a eu un autre accident, fin 2008, lors de l’une de mes excursions saguenéennes avec mon fiancé. Je m’étais mise en tête de lui apprendre le ski de fond, et au bas d’une pente, il s’est écrasé de tout son poids sur son épaule gauche (ne laisse jamais tes skis s’emmêler, ça cause des fractures, lui avais-je dit) et l’a disloquée. Nous avons attendu les secours en grelottant, et au terme du sauvetage mouvementé en motoneige, j’étais convaincue que l’hiver était quelque chose de profondément dangereux. Depuis, j’ai cessé de faire du ski.

L’hiver 2009-2010 a été très tranquille et en ce début 2011, je me contente de couver ma chère progéniture en allant me dégourdir à la piscine lorsque j’ai des fourmis dans les jambes. J’éprouve quand même un certain regret de ne pas pouvoir, comme l’exigerait en temps normal mon emploi, me rendre en Gaspésie pour la Grande Traversée en ski de fond qui se tiendra en février. Enfin, espérons que ce n’est que partie remise.

Bref, depuis deux ans, l’hiver a cessé d’exister pour moi. Je me terre dans mon appartement en ne sortant que pour le strict nécessaire, repoussant toute excursion à la mi-avril, y compris celles qui impliquent de traverser le Parc des Laurentides, réputé infranchissable au moins jusqu’à Pâques – et encore.

Je ne suis pas la seule à nier l’existence de la saison froide. J’ai remarqué que même dans les séries québécoises, c’est plus souvent l’été – ou un entre-saison où l’on porte un manteau de cuir et une simple casquette – que l’hiver qui gèle les oreilles et les doigts, et qui force à porter un épais manteau et à couvrir toutes les extrémités de laine, en rendant la féminité tout aussi visible que celle d’une Afghane sous une burqa.  Il faut dire que l’hiver est tout aussi efficace que la religion la plus orthodoxe quand il s’agit de masquer la féminité. Je doute que la télévision, si friande de femmes ravissantes plus ou moins dénudées, se résigne à montrer la réalité montréalaise, des silhouettes difficiles à distinguer sous le duvet, des visages enfouis dans la laine, des cheveux camouflés sous la tuque. C’est pourtant la réalité quatre à cinq mois par année. Sans compter que l’hiver, les filles prennent du poids. C’est la nature qui veut ça. C’est un autre tabou télévisuel : la caméra n’aime pas les rondeurs. D’ailleurs elle grossit déjà.

En publicité, également, on ne vend l’hiver que sous forme d’excursions exotiques à Tremblant ou Québec, en vantant les charmes de la campagne. Pour les citadins, on se contente de chanter les charmes du Boxing day ou de la St-Valentin. Pas de mention de l’hiver qui fait rage dehors, sinon pour nous rappeler que c’est le temps de poser nos pneus d’hiver ou que l’heure est au cocooning…

Dans les médias du monde, cette année, l’hiver a pris des allures de crise humanitaire. Chaque soir, le journal de France 2 sur TV5 s’étendait lourdement sur les ravages de l’hiver. Routes bloquées, canalisations gelées, livraisons retardées, l’Europe paralysée. À Charles de Gaule, Heathrow ou Bruxelles, les voyageurs entassés comme des naufragés. Une vraie catastrophe. C’est sans parler des dégâts subis par la Gaspésie, le Bas-du Fleuve et les provinces maritimes. Et que dire des tempêtes qui balaient les États-Unis. Du jamais vu. L’hiver n’a vraiment pas la cote par les temps qui courent.

Bref, l’hiver est complètement out. Pas sexy, pas télégénique, pas vendeur, il ralentit nos déplacements ou notre frénésie de consommer. S’il permet de produire des nouvelles en abondance, ce n’est qu’en semant la terreur et la désolation. Ce n’est pas en regardant autour de moi que je risque de me remettre à aimer l’hiver. Ce n’est pas, non plus, avec une charge de six livres sur le devant du corps et des pieds qui refusent obstinément de s’élever à plus de deux centimètres du sol que je risque d’apprécier les trottoirs couverts de glace et de neige, ou les sports qui exigent que l’on se tienne en équilibre sur des lames de bois ou de fer. Et pourtant, j’apprécie la lumière et l’air vivifiant de l’hiver. L’hiver n’est peut-être pas télégénique, mais il est photogénique, surtout en forêt. J’ai encore un dizaine de semaines pour l’apprivoiser. Parions que l’arrivée d’Alice (ma petite doit naître d’ici trois semaines) me permettra de considérer la question sous un jour nouveau.

À suivre…

Santé

Diète pour le syndrôme du colon irritable

Sans vous inciter aux diagnostics hâtifs, je vous encourage à suivre cette diète si vous pensez souffrir du syndrome de l’intestin irritable. Cette diète est saine, équilibrée et sans danger pour la santé. Vous n’y perdrez rien, même si au final vous souffrez d’autre chose. En revanche, si vos malaises sont dus à l’intestin irritable, vous verrez rapidement les résultats. Vos diarrhées disparaîtront, ainsi que la douleur, les gaz et les borborygmes. Qui plus est, vous désintoxiquerez votre organisme et perdrez quelques livres.

Je vous recommande d’adopter ces habitudes pour 30 jours. Au bout de 20 jours, vous pouvez réintégrer certains aliments proscrits, un à la fois, pour vérifier si, une fois votre santé intestinale rétablie, vous êtes à nouveau tolérant à certaines fibres insolubles, certains gras et autres irritants intestinaux.

Par exemple, hier, jour 21 de ma diète, j’ai testé une pomme avec sa pelure. J’ai ressenti un peu d’inconfort. L’aliment est donc supportable. Mais je tâcherai de consommer mes fruits sans pelure, autant que possible.

Après votre régime, il est possible que vous choisissiez d’écarter définitivement certains aliments de vos habitudes, d’en consommer d’autres uniquement à l’occasion, ou de vous permettre, en très petites quantités des aliments jugés nuisibles. Par exemple, j’ai fait une croix sur la mayonnaise et la viande grasse du poulet. Je consomme de la viande blanche et j’ai remplacé la mayonnaise par différentes sauces à base de yogourt, de fromage frais et de moutarde.

Manger sainement

Pour une description complète des aliments à inclure ou proscrire, consultez Passeport Santé.

SOS Cuisine a également conçu un menu pour ce désordre.

Commencez en éliminant complètement les produits gras, en consommant des fibres solubles à chaque repas. Évitez les légumes crus, le vin, la bière, le thé et le café.

Déjeuner

-Céréales Cherrios, Avoine Quaker

-Pommes sans pelure, bananes, oranges, pamplemousses

-Pain de seigle

Collations

-Yogourt probiotique, fruits sans pelure, bretzels

-Muffin à l’avoine.

Exemples de menus

Saumon mariné ou fumé avec fromage frais, câpres, citron et pain de seigle

Blanquette de veau

Pâtes à la sauce tomate

Viande maigres, courges vapeur, pommes de terre au four.

Risotto d’orge

Salade de pomme de terre avec thon, assaisonné d’aneth et de fromage blanc

Potages sans huile, beurre ou crème. Faites mijoter vos légumes et allongez la purée obtenue avec du lait.

Sauces

Remplacez la mayonnaise par du fromage frais. En plus d’être maigre, ce fromage contient des bactéries qui aident la flore intestinale à se régénérer.

Pour les sandwichs, la confiture d’oignon est un excellent substitut au beurre et à la mayonnaise.

Consommez du citron, des fines herbes et de la sauce tomate sans modération.

Bonnes habitudes

Faite comme les espagnols. Mangez les desserts entre les repas, à 10h ou 16h. Le gras contenu dans les muffins et les gâteaux affecte moins l’intestin que celui qu’on ajoute aux recettes de viande ou de pâte. Les collations sont une excellente façon de se rassasier rapidement et sainement. Par contre, évitez les croissants. Ils contiennent trop de beurre.

Faites comme les français. Consommez la salade à la fin du repas. Vous avez déjà une couche qui protège votre intestin. La salade passera mieux.

Si vous devez consommer un café ou un verre de vin, faites-le en mangeant. Je me suis permis un café tout au long de mon régime, je l’ai pris le matin avec mes toasts.

La bière provoque des ballonnements et les tanins du vin rouge sont nuisibles. J’ai attendu le jour 16 de mon régime avant de me permettre un verre de blanc. Comme j’avais accordé une pause à mon organisme, il l’a bien toléré. Par contre, limitez-vous à 3 verres maximum. L’alcool est irritant. Si comme moi vous aimez prendre plus d’un verre, espacez votre consommation. Si vous buvez quotidiennement, contentez-vous d’un verre.

L’excès est nuisible, mais aucun aliment n’est vraiment à proscrire si vous le consommez en petite quantité. Par exemple, j’aime bien le fromage, mais il est trop gras pour que j’en consomme autant que quand j’avais un intestin normal. J’ai donc renoncé aux plats gratinés, mais je m’autorise quelques bouchées de fromage après certains repas.

Les faux amis. Les fibres insolubles, comme le blé entier, les fruits secs et les crudités, sont des choix santé que vous devrez remplacer par d’autres. Par contre, des aliments interdits dans les régimes à index glycémique, comme les pâtes, les gâteaux et les pommes de terre, sont vos amis, tant que vous n’y ajoutez pas de produits gras. Certains des aliments antioxydants popularisés par le Dr. Béliveau et sa diète anti-cancer, comme le chocolat noir, les petits fruits, les choux, le thé vert, le vin rouge vous donneront des gaz et des douleurs intestinales. Procédez à un tri entre ceux que vous tolérez et ceux qui vous incommodent.