Mariage

Petit guide de la révolution à l’usage des futurs mariés

Je suis enfin sortie de l’âge de la famille, pour entrer dans celui de l’amour

J.M.G. Le Clézio

Hier, j’ai levé mon verre un nombre incalculable de fois à la fin de ma vie de fille. De sorte qu’aujourd’hui, j’ai traîné mon esprit vaseux le long des rues du plateau, en ressassant ce qui me restait de souvenirs de la soirée.

Cinq filles, quelques joujoux ménagers et beaucoup d’alcool. Au-dessus des nombreuses bouteilles vidées qui jonchaient la table, l’une d’elle m’a demandé : qu’est-ce qu’on fera le jour ou ne boira plus ? Et ensuite : qu’est-ce qu’ils font, les gens qui ne boivent pas ? Il y avait un tas de choses à répondre : ils prient, ils dansent, ils jouent du piano. Mais chez moi, le soir, on boit et on mange. Chez elle également. Et nous en sommes venues à une conclusion d’ivrogne : que veux-tu, on est faites comme ça. Allez, goûte-moi cette bouteille.

Si vous avez fréquenté ce blogue cet hiver, vous avez lu mon billet sur mon intestin fragile et les changements que j’ai dû apporter à mon alimentation. Mon amie avait lu ce billet et avait pensé : Marianne ne sera plus jamais comme avant. Elle ne picolera plus, ne bouffera plus. Le changement de cap annoncé avec l’arrivée du syndrome du côlon irritable dans ma vie n’était justement que ça, une révolution, c’est-à-dire un tour qu’on fait sur soi-même pour revenir au même point. Si bien que mes meilleures copines m’ont trouvée mûre pour une nouvelle cuite à l’issue de mon hiver d’artifice.

Parlons de l’autre révolution, la grande, celle de la robe blanche et de la promesse d’aimer quelqu’un pour la vie. L’exploit que je ne pensais jamais accomplir, celui d’arriver à conclure un pacte de fidélité viable avec un représentant de la gent masculine. J’ai eu droit, hier, à l’énumération de mes relations les plus saugrenues. Celle qui m’a amené à Paris rejoindre un producteur qui s’est avéré être un goujat de première, celle qui m’a liée à un homme qui aurait pu être mon grand-père, mon idylle avec un ancien étudiant de mon cours de cinéma, ma cohabitation avec un homme colérique, etc. Des histoires tragiques, de petits naufrages que  j’aurai le plaisir de raconter le jour où je me sentirai capable de contempler mon lamentable passé amoureux comme une belle fable tragicomique. À la vérité, je me guéris à peine du scepticisme que j’ai ressenti, et qui grandissait, à chaque fois qu’une relation se terminait. Il était alors agréable et pratique de me rappeler que tout était éphémère et qu’une nouvelle ère s’entamerait bientôt. Une idée qui me déplaît forcément aujourd’hui. Car les futurs mariés aiment bien croire qu’ils se sont tirés d’affaire pour toujours et que rien ne peut les séparer. Hélas.

C’est donc une autre révolution qui s’entame aujourd’hui. Un trajet circulaire pour lequel un copilote m’a été assigné. Et puisque cette révolution me ramènera, tôt ou tard, à ma solitude, dans ce monde-ci ou dans l’autre, je souhaite qu’elle soit longue et bénéfique.

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