Littérature, Sexualité

Dr Zilbergeld et les céréales de l’abstinence

Dans les pages de ce blogue, je vous parlerai souvent d’un ouvrage que je fréquente en guise de cours de préparation au mariage. The New Male Sexuality a transformé ma vie. Avant d’en commencer la lecture, je n’avais qu’une vague idée de ce qu’était un homme. Depuis que je fréquente Dr. Zilbergeld, j’en apprends à chaque semaine sur le sexe fort. Conçu comme un guide de la sexualité masculine, il comporte les préceptes d’un psychologue qui suit des hommes en thérapie depuis plusieurs décennies, à un vaste panorama d’expériences, de questions, de remarques sur ce que pensent les hommes, ce qu’ils attendent de la sexualité, comment ils fonctionnent sur le plan physiologique et sur les défis qu’ils doivent surmonter à chaque étape de leur vie. Et c’est à la fois plus complexe et plus simple que l’on pense.

Si vous lisez la langue de Shakespeare, courrez acheter ce livre. Si vous ne lisez qu’en français, vous devrez vous contenter de la première édition française (Sexualité Masculine, Ramsay, 1978), que vous devrez trouver sur le marché du livre usagé. J’ai également pensé m’attaquer moi-même à sa traduction française, mais je ne pense pas qu’il serait légitime de me mettre dans la peau d’un psychologue né à la fin des années 30, américain de surcroît. C’est sûrement plus intéressant de vous en communiquer des fragments de mon point de vue de québécoise de 30 ans qui découvre ce qu’est un homme sur le tard !

Entre autres choses, Dr. Zilbergeld traite des mythes qui mènent la vie dure aux américains, comme ces savoureux morceaux de littérature érotique, des fantaisies à l’eau de rose dans lesquelles l’homme est toujours un assaillant et la femme une petite chose bouleversée et suppliante. Mais ça n’est pas de ce genre de fantaisie que je veux vous entretenir ce matin. Un mythe beaucoup plus pervers m’a sauté à la figure en faisant ma lecture. Celui du bien-être à l’américaine.

Au 19ème siècle, un illuminé a parcouru les États-Unis pour exposer ses théories sur la nutrition et la santé. Il s’appelait Sylvester Graham et défendait l’idée qu’une mauvaise santé était le résultat d’excès sexuels. Or sa conception de l’abus était pour le moins restrictive. Pour lui, avoir plus d’un coït par mois était exagéré; la masturbation et les rêves érotiques faisaient aussi partie des pratiques proscrites. Qui plus est, une alimentation trop riche pouvait induire la concupiscence. Il fallait donc avoir une diète riche en légumes et en blé entier. Les idées de Graham n’ont plus cours aujourd’hui, mais il a donné son nom à un biscuit au blé parfumé au miel : le biscuit Graham. Sans le savoir, ma grand-mère servait une douce vengeance au puritanisme en apprêtant le biscuit Graham entre plusieurs couches de flan à la vanille et de crème fouettée. Miam.

Un autre hurluberlu a défendu une thèse basée sur l’abstinence et la saine alimentation. Harvey Kellogg prêchait l’abstinence, même au sein du mariage. Le sexe, et plus particulièrement la masturbation était «  l’acte le plus vil et le plus dégradant que l’homme puisse commettre », un péché qui pouvait induire des maladies comme la tuberculose, les défaillances cardiaques, l’épilepsie, l’acné, etc. Kellogg avait aussi conçu des aliments censés diminuer l’intérêt du consommateur pour le sexe, dont les Corn Flakes. On a d’ailleurs réalisé un film là-dessus, The Road To Wellville avec Anthony Hopkins.

Tout ça pour dire que le prêchi-prêcha américain sur le bien-être et le bien manger ne date pas d’hier, et le marketing non plus. Je me suis toujours méfiée de la petite famille trop bizarre qu’il y avait sur la boîte de Müesli. Je n’aime pas non plus le marketing minceur de Spécial K. Ça me paraît tellement éloigné du plaisir que l’on ressent quand on mange notre première bouchée de céréales du matin. C’est doux, c’est sucré, c’est croquant, ça trempe dans le lait glacé et c’est rafraîchissant. C’est encore meilleur quand on les mange au lit, entre deux parties de jambes en l’air matinales.

Je ne vous dirai pas de ne plus manger de produits Kellogg. Mais je vous mets au défi de prendre exemple sur la sagesse de ma grand-mère maternelle et de savourer vos céréales en ayant le plus de plaisir possible. C’est si bon, de manger. On ne laissera pas à la droite américaine le plaisir de nous dire comment le faire.

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